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Kasimode, chemin de contemplation et de mission

Acharya Ephrem?

Drôle de nom pour un Blog : voici deux définitions pour comprendre…

Acharya : ou  आचार्य en sanskrit  signifie « professeur », « maître »  c'est le nom qu'on donne en Inde aux guides spirituels. En grec  "Didaskalos" δάσκαλος Un professeur , רבי, rabbi dans le Nouveau Testament, celui qui enseigne les choses de Dieu et les devoirs de l'homme, le nom qu'on donnait à Jésus car il enseignait la voie du salut et plus tard ceux qui dans les assemblées de Chrétiens continuaient l'oeuvre d'enseignement, avec l'aide du Saint Esprit.

Ephrem : pour saint Éphrem de Nisibe (dit le Syrien) "la Cithare du Saint-Esprit." Diacre et Docteur de l'Eglise (vers 306-373)  ܐܝܝܪܘܣ ܡܝܪܦܐ  en Syriaque :)

ce sera donc mon maître "imaginaire" avec qui je correspondrai ces dix-huit mois. ;)

Nicodème va chercher Jésus , "de nuit" , il veut parler au "Maître", parce que son coeur est troublé , il veut savoir la vérité, Jésus lui livre un secret: "seul un être né de nouveau peut voir le royaume de Dieu",

comme lui, je veux chercher la vérité, tous les jours de ma vie, car dans l'évangile de saint Jean au chapitre 8 il est écrit:

31 Jésus disait à ceux des Juifs qui croyaient en lui : « Si vous demeurez fidèles à ma parole, vous êtes vraiment mes disciples ;
32 alors vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra libres. »

Mais qui est Saint Ephrem le Syrien?

Selon l'opinion commune d'aujourd'hui, le christianisme serait une religion européenne, qui aurait ensuite  exporté la culture de ce continent dans d'autres pays. Mais la réalité est beaucoup plus complexe, car la racine de la religion chrétienne se trouve dans l'ancien Testament et donc à Jérusalem et dans le monde sémitique.

Le christianisme se nourrit toujours à cette racine de l'Ancien Testament. Son expansion au cours des premiers siècles a eu lieu aussi bien vers l'Occident - vers le monde gréco-latin, où il a ensuite inspiré la culture européenne - que vers l'Orient, jusqu'à la Perse, à l'Inde, contribuant ainsi à susciter une culture spécifique, en langues sémitiques, avec une identité propre. [1]

Pour montrer cette multiplicité culturelle de l'unique foi chrétienne des débuts, le pape Benoît XVI prit  Éphrem le Syrien  comme exemple lors de son AUDIENCE GÉNÉRALE du Mercredi 28 novembre 2007.  Ce Contemporain d’Hilaire de Poitiers, d’Athanase d’Alexandrie, de Basile de Césarée, de Grégoire de Nazianze et de bien d’autres encore, est l’une des figures les plus prestigieuses de la grande époque patristique, [2]

Il est né à Nisibe vers 306 en se fondant sur l'hymnologie d'Éphrem, la critique interne suggère que ses deux parents faisaient partie de la communauté chrétienne croissante de la ville[i], bien que plus tard des hagiographes aient écrit que son père était un prêtre païen qui, de colère en voyant son fils converti, l'aurait chassé de sa maison. [ii]

Il fut le représentant le plus important du christianisme de langue syriaque et réussit à concilier d'une manière unique la vocation du théologien et celle du poète. [3]

La célébrité de saint Éphrem fut si grande en Orient que les légendes se multiplièrent à son sujet et que bien des œuvres empruntèrent son nom. Il n’est pas facile aujourd’hui de reconstituer les données authentiques.

Voici ce qui peut être retenu : Éphrem est né dans la province romaine de Mésopotamie à Nisibe (aujourd'hui Nusaybin en Turquie, à la frontière syrienne) dans les environs en 306.

 

On y parlait de nombreuses langues, au temps d'Éphrem, surtout des dialectes  araméens. La communauté chrétienne se servait du dialecte syriaque.

Diverses religions païennes, le  judaïsme  et quelques-unes des premières sectes chrétiennes rivalisaient entre elles pour gagner les cœurs et les esprits du peuple. C'était une époque de grande tension religieuse et politique.

En  298  l'empereur romain,  Dioclétien  avait signé avec son homologue de  Perse,  Narseh, un traité qui transférait Nisibe aux Romains. La persécution violente et le martyr de chrétiens sous Dioclétien étaient un souvenir vivace de l'Église nisibienne dans la jeunesse d'Éphrem.

Jacob (Jacques), le premier évêque de Nisibe (308-338), et Éphrem grandit alors qu'il dirigeait la communauté. Jacob de Nisibe est signalé comme un des signataires au premier concile de Nicéen 325.

Éphrem fut baptisé quand il était jeune homme et, presque certainement, il est entré dans l'ordre des « fils de l'alliance », une forme inhabituelle du proto-monachisme syrien.

 

Éphrem  se forma et grandit à côté de Jacob dont il devint le fils spirituel[4], La tradition populaire voit en Éphrem le fondateur de l'école de Nisibe, qui dans les siècles suivants fut le centre éducatif de l'Église orientale.

Jacob le nomma professeur (en syrien malp̄ ānâ, titre qui est toujours très respecté chez les chrétiens syriaques). Il fut ordonné diacre, soit à l'occasion de son baptême, soit plus tard.

Il commença à composer des hymnes et écrire des commentaires bibliques dans le cadre de ses fonctions éducatives. Dans ses hymnes, il parle quelquefois de lui-même comme d'un « berger de brebis » (`allānâ), de son évêque comme d'un « pasteur » (rā`yâ ܐܝܥܪ) et de sa communauté comme d'un «bercail » (dayrâ ܐܪܝܕ). Il vécut intensément la vie de la communauté chrétienne locale jusqu'en 363

En 337 mourut l'empereur  Constantin, qui avait favorisé le christianisme dans l'Empire romain. Saisissant cette occasion,  Shapur II  de Perse commença une série d'attaques dans le Nord de la  Mésopotamie  romaine. Nisibe fut assiégée en 338, 346 et 350.

Éphrem affirme que, pendant le premier siège, c'est l'évêque Jacob qui a défendu la ville par ses prières. Cet évêque pour lequel Éphrem avait beaucoup d'affection mourut peu après et Babou dirigea l'Église dans ces temps troublés, remplis d'escarmouches de frontière.

Lors du troisième siège, en 350, Shapur détourna le cours de la rivière Mygdonius pour faire crouler les murs de Nisibe. Les Nisibéniens réparèrent rapidement les murs tandis que la cavalerie d'éléphants de l'armée perse s'embourbait dans la terre humide. Éphrem célébra le sauvetage miraculeux de la ville dans un hymne où il la comparait à l'Arche de Noé  flottant en sécurité au-dessus de l'inondation.

Un important lien physique avec le temps où vécut Éphrem est le baptistère de Nisibe. L'inscription dit qu'il fut construit en 359 sous l'évêque Vologèse. C'était l'année où Shapur recommença à ravager la région. Les villes autour de Nisibe furent détruites l'une après l'autre et leurs habitants tués ou expulsés. L'Ouest de l'Empire romain était l'objet de graves préoccupations tandis que  Constance et  Julien  luttaient pour le pouvoir.

Finalement, après la mort de Constance, Julien se mit en marche vers la Mésopotamie. Il s'avança dans une campagne imprudente vers la capitale perse,  Ctésiphon, au cours de laquelle, submergé par le nombre, il fut contraint à une retraite immédiate. Julien périt à cette occasion et l'armée élut  Jovien  comme nouvel empereur.

À la différence de son prédécesseur, Jovien était chrétien nicéen. Les circonstances le contraignirent à demander à Shapur un armistice et à céder Nisibe à la Perse, avec la clause que la communauté chrétienne de la ville pourrait partir. L'évêque Abraham, successeur de Vologèse, conduisit ses fidèles en exil.

Éphrem se retrouva au milieu d'un grand nombre de réfugiés qui avaient fui vers l'ouest, d'abord à Amida (Diyarbakır), et qui s'étaient installés finalement à Édesse (ܝܗܪܘܐ aujourd'hui Şanlıurfa) en 363.

Éphrem, vers la fin de la cinquantaine, se remit au travail dans sa nouvelle Église et semble avoir continué à enseigner, il poursuivit son activité de prédicateur. Il prêchait et enseignait par la parole et l’écrit. Sans doute fut-il maître de chœur, il est selon toute probabilité le fondateur de l’école catéchétique d’Édesse après avoir été le principal animateur de celle de Nisibe.

C’est précisément la certitude de son activité pastorale incessante qui amène à penser que sa formule de vie monastique fut souple. Il vécut dans la pauvreté et la virginité au service de L’Église

On ne sait pas avec certitude s'il était moine, [iii]sans que l’on puisse bien déterminer quelle fut sa forme de vie monastique : il professe une grande admiration pour l’érémitisme mais il est sûr qu’il en fit le sacrifice.

« Le désert est bien meilleur que les lieux habités pour celui qui cherche l’honneur de Dieu… si l’aigle fait son nid dans une maison, la fumée le prend aux yeux… le fauve qui s’approche des murailles y perd sa peau… Regardez les animaux et fuyez les maisons, o homme des montagnes ![5] » Il est cependant certain qu'il est resté diacre pendant toute sa vie par humilité et qu'il a embrassé l'état de virginité et de pauvreté. Sans doute vivait-il en compagnie de quelques ascètes, il est certain qu’il fut très austère[iv] : tout son idéal en témoigne. C'est ainsi qu'apparaît dans la spécificité de son expression culturelle, l'identité chrétienne commune et fondamentale: la foi, l'espérance - cette espérance qui permet de vivre pauvre et chaste dans ce monde, en plaçant toutes ses attentes dans le Seigneur - et, enfin, la charité, jusqu'au don de soi-même dans le soin des malades de la peste. [v]

 

 Au cœur du monde de langue syriaque, Édesse abritait un grand nombre de philosophies et de religions rivales. Éphrem remarque que les chrétiens fidèles à l'orthodoxie nicéenne étaient simplement appelés « palutiens » à Édesse, d'après le nom d'un ancien évêque. Les différentes sectes : ariennes,  marcionites,  manichéennes, bardaisanites et gnostiques, se proclamaient chacune comme la vraie Église.

Dans cette Église syrienne d'Antioche il fut  le défenseur de la doctrine christologique et trinitaire contre l’hérésie arienne.

Éphrem écrivit un grand nombre d'hymnes pour défendre l'orthodoxie nicéenne. Un auteur syriaque tardif,  Jacob de Serugh, a écrit qu'Éphrem utilisa des chœurs entièrement féminins pour faire chanter sur le forum d'Édesse ses hymnes adaptées aux mélodies populaires syriaques.

Il composa de nombreux ouvrages, commenta toute la Bible, écrit des poèmes qui remplacèrent les chants des fêtes populaires et répondaient aux chansons des hérétiques qui répandaient ainsi leurs thèses erronées.
"Dimanches et fêtes, évoque un compatriote, il se tenait au milieu des vierges et les accompagnait de sa harpe. Toute la ville alors se réunissait autour de lui."

Ses hymnes inaugurèrent la pratique du chant liturgique. Il est d'ailleurs considéré comme l'un des plus grands poètes de langue syriaque.

Après avoir résidé dix ans à Édesse, et alors qu'il avait dépassé la soixantaine, Éphrem succomba à la peste pendant qu'il prodiguait ses soins spirituels aux malades. La date la plus probable pour sa mort est le 9 juin 373.



[1] Benoît XVI AUDIENCE GÉNÉRALE du Mercredi 28 novembre 2007

[3] BENOÎT XVI  AUDIENCE GÉNÉRALE/Mercredi 28 novembre 2007 © Copyright 2007 - Libreria Editrice Vaticana

[4] selon l'historien saint Grégoire de Tours

[5] Lettre aux moines, 3

 



[i] « Je suis né dans le chemin de la vérité » écrit-il. (Manuel de patrologie de Sœur Gabriel Peters).

[ii] Une des «modifications » les plus anciennes est l'affirmation que son père aurait été un prêtre païen d'Abnil ou d'Abizal. Pourtant, la critique interne indique qu'il a été élevé par des parents chrétiens. Cette légende peut relever de la polémique antipaïenne, ou au plus refléter la religion de son père avant qu'il passât au christianisme.

[iii] La deuxième légende attachée à Éphrem est qu'il était moine. À son époque, le  monachisme  était tout à fait à ses débuts en Égypte. Il semble avoir fait partie d'une fraternité, une communauté urbaine de chrétiens étroitement unie qui s'étaient engagés eux-mêmes à servir et garder la continence. Certains des termes syriaques par lesquels Éphrem a eu l'habitude de décrire sa communauté ont été plus tard utilisés pour décrire des communautés monastiques, mais affirmer qu'il était moine constitue un anachronisme.

[iv] Les hagiographes postérieurs l'ont souvent décrit comme un rigoureux ascète, mais la critique interne de ses écrits authentiques montre qu'il a joué un rôle très actif, tant à l'intérieur de sa communauté ecclésiale que comme témoin envers ceux du dehors. Éphrem est vénéré comme un exemple de discipline monacale dans le  christianisme oriental.

[v] Dans le schéma hagiographique orthodoxe, il est compté au nombre des moines qu'on vénère. On croit dans le peuple qu'Éphrem a fait des voyages légendaires. Au cours de l'un d'eux il aurait rendu visite à Basile de Césarée, ce qui relierait le Syrien Éphrem aux Pères de  Cappadoce  et jetterait un pont important en théologie entre leurs conceptions spirituelles à tous deux, qui ont beaucoup de points communs. Éphrem est censé aussi avoir visité Anba Bishoi (Pisoes) dans les monastères du Wadi Natun en Égypte. Comme dans le cas de la visite légendaire chez Basile, cette visite est un pont en théologie entre les origines du monachisme et sa propagation dans toute l'Église.

 

La Prière de Saint Éphrem le Syrien « Feu et Lumière, nous Te magnifions » :

« Feu et Lumière qui resplendit sur la face du Christ, Feu dont la venue est parole, Feu dont le silence est lumière, Feu qui établis les cœurs dans l’action de grâce, nous te magnifions. Toi qui repose en Christ, Esprit de sagesse et d’intelligence, Esprit de conseil et de force, Esprit de science et de crainte, nous te magnifions. Toi qui scrutes les profondeurs, Toi qui illumines les yeux de notre cœur, Toi qui te joins à notre esprit, Toi par qui nous réfléchissons la gloire du Seigneur, nous te magnifions. Amen. »

Saint Éphrem le Syrien (306-373)